La France est finalement qualifiée mais revient vraiment de nulle part. Archi dominée par une équipe irlandaise particulièrement vaillante, les Bleus s'en sortent miraculeusement, voire minablement, après une rencontre désastreuse et grâce à un but volé. Ou les joies du « win ugly »…
Du sang sur le dance floor. Cinq minutes de jeu, et le visage de Julien Escudé, titularisé à la place d'Eric Abidal, est déjà ensanglanté, après un choc avec… Patrice Evra. Le ton est donné et tout le match résumé dans ce fait de jeu. Les Irlandais sont déjà dans le camp français. Escudé sort pour son coéquipier à Séville, Sébastien Squillaci. Puis c'est au tour de Bacary Sagna de saigner à son tour, sa lèvre inférieure est touchée, sans gravité.
La France saigne ; elle est dominée, bousculée et ne relève pas le défi physique. Les Irlandais jouent sur les (relatifs) points faibles adverses : la défense centrale et celle de Bacary Sagna. Alors Lloris enchaîne les bonnes interventions et la France n'arrive pas à sortir les ballons proprement. Elle ne s'en sort d'ailleurs pas tout court, et ce qui devait arriver arriva : Duff fait l'amour à Sagna avant de centrer en retrait, Robbie Keane reprend au point de pénalty, plat du pied, but.
L'égalité est maintenant parfaite entre les deux équipes mais la peur est dans le camp bleu. Ou le syndrome de l'équipe plus forte que son adversaire, mais qui n'arrive pas à le prouver, face à une formation plus volontaire, organisée et affamée qu'elle.
Ainsi, sur les seconds ballons comme les duels, les Irlandais sont en avance. La France se voit alors obligée de se précipiter, de jouer en percussion, de prendre des risques sur les transmissions. Le pressing vert est intense et les occasions françaises inexistantes. La France ne parvient pas à mettre la balle à terre. Longs ballons ou tentatives aussi vaines que vulgaires de passer par les ailes, avec Anelka et Henry. Heureusement pour la France, les Irlandais sont un peu lents et empruntés en attaque, et n'arrivent pas, malgré plusieurs opportunités de le faire, à tuer le match.
La France a la tête sous l'eau, complètement sous pression. Les Bleus semblent vouloir mieux faire, il faut dire que pire serait difficile, mais n'y parviennent absolument pas. L'absence de jeu est effarante. Gourcuff est donc inutile, Henry mauvais et Gignac maladroit.
Au vrai, toutes les carences possibles de l'Edf se sont révélées durant cette première mi-temps. Défense fébrile, manque de poids à la récupération, impossibilité de contrôler les événements, de résister à la pression adverse, à croire que comme au bon vieux temps « qui c'est les plus forts, évidemment c'est les verts » et à se demander si les Bleus ont vraiment envie d'y aller.
La France est archi-dominée dans tous les domaines
En tout cas, les Irlandais, eux, à fond, et ça se voit. Après le match aller, on se disait que la France n'avait finalement pas grand chose à craindre, que l'Irlande n'était pas si forte que ça. Si la France avait peut-être trop peur de l'Irlande avant le match aller, suite à la victoire en Irlande, elle s'est vu trop vite arrivée. Aujourd'hui, la France est archi-dominée dans tous les domaines et a intérêt de se ressaisir.
Sauf qu'à peine la seconde mi-temps entamée, c'est O'Shea qui fout une frousse bleue à tout un pays, sur un coup franc, en se retrouvant étrangement seul au deuxième poteau. D'ailleurs Gallas engueule Squillaci. Le pressing irish continue, la fébrilité française aussi. Sur un centre irlandais, Robbie Keane tombe devant Gallas, mais pour rien.
Les Français sont en dessous de tout. Ainsi, au vu de sa performance du soir, Gignac ne mérite même pas qu'on le critique, Henry joue avec les mains dans les poches, Anelka est davantage en vue mais, vu comme il joue ce soir, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle. Pas la peine de continuer à énumérer les médiocres performances hexagonales. C'est simple : les joueurs de l'EDF se tirent les uns les autres vers le bas.
Toujours aucune occasion française, et une équipe qui a comme seul espoir d'espérer que son adversaire ne marque pas. Vraiment, à moins d'un miracle, la France semble très très loin de pouvoir égaliser. D'ailleurs, à la 54è minute, on s'aperçoit enfin que l'Irlande joue avec un gardien de but. En revanche, il est temps de lancer un avis de recherche : recherche attaquant français répondant au double prénom de Henry Thierry, aurait pour la dernière fois été vu dans le tunnel du Stade de France, merci d'appeler la FFF si vous le voyez.
Non match
Le (non) match continue, et l'EDF n'en finit pas de prendre l'eau au milieu. Elle aurait bien besoin d'un milieu défensif de plus. Ok, la priorité est de marquer, mais la France est surtout proche d'en encaisser un deuxième. Aussi, son sélectionneur fait le choix du juste milieu avec l'entrée de Sidney Govou pour Gignac (qui a peut-être perdu sa place de titulaire ce soir), Anelka passe en pointe.
Depuis l'entrée du Lyonnais, ça va un peu mieux. La France avance, et se fait évidemment prendre en contre. Duff plein axe oblige Lloris à un très bel arrêt pour sauver son camp (même s'il faut dire que Duff lui a quelque peu tiré dessus). L'Irlande a repris les choses en main. Les deux Diarra continuent d'être étouffés, et le jeu offensif faible. Aucun échange entre Evra et Henry, des latéraux inutiles offensivement, une France complètement sous pression et sans solution. Alors Anelka passe à gauche, Henry devant, et en face O'Shea sort pour Mc Shane.
Suite aux changements, le rythme retombe un peu. Et Lassana Diarra est toujours absent des débats. Un constat : depuis des mois, toute l'Equipe de France a été organisée pour faire jouer Thierry Henry à gauche, et là, alors qu'elle joue ses minutes les plus décisives, Henry est placé en pointe. Las, l'Irlande continue d'être menaçante. Sauf que Robbie Keane en fait trop : alors qu'il n'avait plus qu'à composter le billet irlandais pour l'Afrique du Sud, il essaie de dribbler Hugo Lloris et pousse trop loin son ballon. Les Irlandais ont raté le coche mais ne démontent évidemment pas pour autant, défendent très bien, et jouent le plus franchement possible vers l'avant.
Ah tiens, Thierry Henry est toujours sur le terrain et c'est Gourcuff qui sort, sous les sifflets, pour les cheveux de Malouda. Incursion irlandaise au milieu d'une défense française pétrifiée. Et tout va mal, Lassana assure mal sa passe et remet Robbie Keane en jeu. Heureusement pour la France, sa frappe passe à côté du cadre. La France essaie de toutes ses forces de marquer, mais toutes les forces de cette équipe, ce soir, ce n'est pas grand chose : une action chaotique qui se finit par un centre à ras de terre d'Henry sur Shay Given. Prolongations.
Et la suite est connue de tous. La France s'en sort finalement, par la plus petite des portes. La France se qualifie pour la Coupe du Monde, comme elle le mérite : grâce à un but contre le cours du jeu, sur une action entachée d'un hors-jeu et d'une main de Thierry Henry. Un grand bravo aux Irlandais de ne pas s'en être pris à l'arbitre à la fin du match ; tout est bien qui finit bien...
Une couverture des grands évènements sportifs du monde ( champions League , Euro, LFP, Ligue 1 , Premiere league ......)
jeudi 19 novembre 2009
L'ALGERIE arrive au mondial
Absente de phase finale de Coupe du Monde depuis celle disputée au Mexique en 1986, l'Algérie regoûtera aux joies d'un Mondial suite à sa victoire face à l'Egypte mercredi soir (1-0). Une qualification symbolique qui aura fait réagir toute la planète foot.
C'est bien connu, le football est le sport le plus populaire et fédérateur. Il peut être source de tristesse inconsolable - demandez aux Irlandais- tout comme il peut soulever tout un peuple de bonheur. Dans ce dernier cas, la frénésie qui a emporté les fans algériens mercredi soir vers les coups de 20h30 en est la plus grande preuve. Qualifiés au bout d'un 3e match d'appui disputé à Khartoum face à l'ogre égyptien (1-0), les Fennecs ont composté le dernier ticket qualificatif au Mondial sud-africain aux dépens de malheureux Egyptiens. Après une nuit endiablée et bien arrosée, les Algériens peuvent maintenant voir l'Afrique du Sud avec espoir.
Les Verts l'attendaient
Plus que l'aspect sportif lui-même, c'est la dimension symbolique de cette qualification qui suscitait l'intérêt mercredi soir. Un ticket au Mondial tant attendu de l'autre côté de la Méditerranée accueilli avec la larme à l'œil. Et pour cause. Cela faisait 24 ans que la patrie de l'ex-gloire algérienne, Rabah Madjer, espérait revoir ses enfants la représenter aux yeux du monde. C'est maintenant chose faite. Animés par un sentiment de vengeance suite aux incidents dont ils ont été victimes au Caire samedi dernier, les coéquipiers de Ziani, grâce à un but venu d'ailleurs signé Yahia, ont permis aux leurs d'oublier les tracas de la vie quotidienne le temps d'une soirée. Un sacré signe du destin pour le défenseur de Bochum. C'était en effet lui qui voyait son but, parfaitement valide, être refusé face au Rwanda lors de la 5e journée des éliminatoires, l'arbitre du match pensant alors que le ballon n'avait pas entièrement franchi la ligne.
Un pass pour l'Afrique du Sud loin d'être gagné d'avance pour les plus superstitieux des supporters verts. Les fins connaisseurs algériens avaient toujours en tête le 17 novembre 1989, soit presque 20 ans jour pour jour. Cette date dramatique de l'histoire du foot algérien voyait l'Egypte se qualifier au Mondial 1990 au nez et à la barbe de…l'Algérie. Une élimination d'autant plus douloureuse quelle précipitait le football algérien dans un gouffre. Une terrible descente aux enfers devenue obsolète depuis mercredi soir comme l'indiquait Mourad Meghni au micro de RMC à l'issue de la rencontre : «C'est ce qu'on attendait depuis 24 ans. On réussit à revenir dans le football qui compte vraiment et ça nous rend très, très heureux».
De Paris à New-York en passant par Khartoum…
Entachée par des débordements au Caire samedi dernier, la rencontre Egypte-Algérie avait suscité l'indignation de la communauté sportive internationale. Conséquence directe, les Pharaons se sont mis à dos une bonne partie de supporters à travers la planète, supposés être neutres au départ. Tout le contraire d'Algériens devenus la coqueluche et la cause à défendre de ces mêmes fans. C'était donc en toute logique que la qualification des Verts se faisait ressentir aux quatre coins de la planète. Avec près de 12 000 personnes réunies sur les Champs-Elysées, Paris ravit la palme. En pleine communion avec les siens, Kamel, 23 ans et grand fan des Fennecs, ne tarissait pas d'éloges sur la qualification de sa patrie, évoquant «l'aspect galactique de cet évènement».
Epicentre de ce véritable tsunami vert, Alger, capitale algérienne, s'était elle aussi montrée à la hauteur de l'évènement. Ainsi, plusieurs milliers d'Algériens arborant tuniques et écharpes à l'effigie de leurs nouvelles stars déferlaient dans les rues à coup de «One, two, three, Viva l'Algérie!» Même son de cloche à Khartoum où le contingent vert, épaulé d'une bonne partie de la population locale, mettait sous l'éteignoir le public égyptien. Une ambiance de folie ressentie dans le vétuste stade d'Al-Merreikh. La tête froide malgré les frissons qui l'ont traversée, Mohamed Raouraoua, président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), estimait que pour le moment «la joie et la fête devaient être à l'honneur avant que le staff ne reprenne les choses en main en se préparant pour la Coupe d'Afrique des Nations en Angola». Une chose est sûre, le temps où les Fennecs bataillaient pour une place en CAN est révolu. Et vu même leur appétit qui ne cesse de croître, une bonne performance en Angola est à prévoir…avant d'enflammer les avenues sud-africaines ?
C'est bien connu, le football est le sport le plus populaire et fédérateur. Il peut être source de tristesse inconsolable - demandez aux Irlandais- tout comme il peut soulever tout un peuple de bonheur. Dans ce dernier cas, la frénésie qui a emporté les fans algériens mercredi soir vers les coups de 20h30 en est la plus grande preuve. Qualifiés au bout d'un 3e match d'appui disputé à Khartoum face à l'ogre égyptien (1-0), les Fennecs ont composté le dernier ticket qualificatif au Mondial sud-africain aux dépens de malheureux Egyptiens. Après une nuit endiablée et bien arrosée, les Algériens peuvent maintenant voir l'Afrique du Sud avec espoir.
Les Verts l'attendaient
Plus que l'aspect sportif lui-même, c'est la dimension symbolique de cette qualification qui suscitait l'intérêt mercredi soir. Un ticket au Mondial tant attendu de l'autre côté de la Méditerranée accueilli avec la larme à l'œil. Et pour cause. Cela faisait 24 ans que la patrie de l'ex-gloire algérienne, Rabah Madjer, espérait revoir ses enfants la représenter aux yeux du monde. C'est maintenant chose faite. Animés par un sentiment de vengeance suite aux incidents dont ils ont été victimes au Caire samedi dernier, les coéquipiers de Ziani, grâce à un but venu d'ailleurs signé Yahia, ont permis aux leurs d'oublier les tracas de la vie quotidienne le temps d'une soirée. Un sacré signe du destin pour le défenseur de Bochum. C'était en effet lui qui voyait son but, parfaitement valide, être refusé face au Rwanda lors de la 5e journée des éliminatoires, l'arbitre du match pensant alors que le ballon n'avait pas entièrement franchi la ligne.
Un pass pour l'Afrique du Sud loin d'être gagné d'avance pour les plus superstitieux des supporters verts. Les fins connaisseurs algériens avaient toujours en tête le 17 novembre 1989, soit presque 20 ans jour pour jour. Cette date dramatique de l'histoire du foot algérien voyait l'Egypte se qualifier au Mondial 1990 au nez et à la barbe de…l'Algérie. Une élimination d'autant plus douloureuse quelle précipitait le football algérien dans un gouffre. Une terrible descente aux enfers devenue obsolète depuis mercredi soir comme l'indiquait Mourad Meghni au micro de RMC à l'issue de la rencontre : «C'est ce qu'on attendait depuis 24 ans. On réussit à revenir dans le football qui compte vraiment et ça nous rend très, très heureux».
De Paris à New-York en passant par Khartoum…
Entachée par des débordements au Caire samedi dernier, la rencontre Egypte-Algérie avait suscité l'indignation de la communauté sportive internationale. Conséquence directe, les Pharaons se sont mis à dos une bonne partie de supporters à travers la planète, supposés être neutres au départ. Tout le contraire d'Algériens devenus la coqueluche et la cause à défendre de ces mêmes fans. C'était donc en toute logique que la qualification des Verts se faisait ressentir aux quatre coins de la planète. Avec près de 12 000 personnes réunies sur les Champs-Elysées, Paris ravit la palme. En pleine communion avec les siens, Kamel, 23 ans et grand fan des Fennecs, ne tarissait pas d'éloges sur la qualification de sa patrie, évoquant «l'aspect galactique de cet évènement».
Epicentre de ce véritable tsunami vert, Alger, capitale algérienne, s'était elle aussi montrée à la hauteur de l'évènement. Ainsi, plusieurs milliers d'Algériens arborant tuniques et écharpes à l'effigie de leurs nouvelles stars déferlaient dans les rues à coup de «One, two, three, Viva l'Algérie!» Même son de cloche à Khartoum où le contingent vert, épaulé d'une bonne partie de la population locale, mettait sous l'éteignoir le public égyptien. Une ambiance de folie ressentie dans le vétuste stade d'Al-Merreikh. La tête froide malgré les frissons qui l'ont traversée, Mohamed Raouraoua, président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), estimait que pour le moment «la joie et la fête devaient être à l'honneur avant que le staff ne reprenne les choses en main en se préparant pour la Coupe d'Afrique des Nations en Angola». Une chose est sûre, le temps où les Fennecs bataillaient pour une place en CAN est révolu. Et vu même leur appétit qui ne cesse de croître, une bonne performance en Angola est à prévoir…avant d'enflammer les avenues sud-africaines ?
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